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Décision relative à la décision de la délégation de l’Union européenne en Papouasie-Nouvelle-Guinée de rejeter une offre comme anormalement basse (affaire 3171/2025/FA)

Vendredi | 09 octobre 2026

L’affaire concernait la décision de la délégation de l’Union européenne en Papouasie-Nouvelle-Guinée de rejeter l’offre du plaignant comme anormalement basse. Le plaignant a fait valoir que la délégation n’avait pas demandé d’éclaircissements spécifiques, qu’elle n’avait pas motivé sa décision et qu’elle avait fondé son rejet sur des éléments sans rapport avec le prix indiqué dans l’offre.

La Médiatrice a estimé que la délégation aurait dû être plus précise lorsqu’elle a demandé des éclaircissements au plaignant sur le prix et qu’elle aurait dû établir un lien clair entre le prix et tous les éléments pris en considération dans son évaluation. La délégation n’a pas non plus suffisamment étayé sa décision de rejeter l’offre comme anormalement basse, en violation de l’obligation de motivation. Ces lacunes constituent un cas de mauvaise administration.

Bien que la Commission ait fourni des éclaircissements supplémentaires au cours de l’enquête, la Médiatrice a constaté que ces éclaircissements ne remédiaient pas suffisamment aux lacunes constatées.

Le Médiateur a estimé qu’il ne serait pas approprié de formuler une recommandation correspondante dans ce cas, étant donné que le marché a été attribué. Elle formule néanmoins trois suggestions visant à prévenir de tels problèmes dans de futurs cas similaires.

Décision sur le refus de la Commission européenne de donner accès au public à une note relative à l'avis consultatif de la Cour internationale de Justice sur les politiques et pratiques d'Israël dans le territoire palestinien occupé (855/2025/ACB)

Vendredi | 21 novembre 2025

L’affaire concernait une demande d’accès du public à des documents, soumise à la Commission européenne, concernant les implications de l’avis consultatif de la Cour internationale de justice (CIJ) du 19 juillet 2024 sur l’accord commercial UE-Israël. La Commission a identifié une « note au dossier » (ci-après la « note ») à laquelle elle a refusé l’accès dans son intégralité, faisant référence à une exception au titre de la législation de l’Union relative à l’accès du public aux documents. Plus précisément, la Commission a fait valoir qu’il pouvait être présumé que la divulgation de la note porterait atteinte à la protection des avis juridiques. Le plaignant a demandé à la Commission de réexaminer sa décision, en faisant valoir qu’il existait un intérêt public supérieur justifiant la divulgation. Lorsque la Commission a maintenu son refus de divulguer la note, ajoutant que sa divulgation porterait également atteinte à la protection des données à caractère personnel, le plaignant s’est adressé au Médiateur.

L’équipe d’enquête de la Médiatrice a inspecté le document en cause et a rencontré des représentants de la Commission. Les représentants de la Commission ont précisé au cours de la réunion que, si la Commission s’est fondée sur une présomption générale de non-divulgation qui, selon elle, s’applique à tous les avis juridiques non fournis dans le cadre d’une procédure législative, elle avait également procédé à une appréciation individuelle de la note.

La Médiatrice a estimé qu’en invoquant une présomption générale de non-divulgation qui s’appliquerait à tout avis juridique, dans n’importe quel domaine du droit de l’Union tant qu’il ne se rapporte pas à un dossier législatif, la Commission s’est écartée de la jurisprudence constante en matière de protection des avis juridiques et de la raison d’être de l’une des présomptions générales reconnues par les juridictions de l’Union.

Sur la base de l’inspection du document et des informations supplémentaires fournies au cours de la réunion, la Médiatrice a toutefois conclu qu’il était raisonnable que la Commission considère, à la suite d’une évaluation individuelle de la note, que sa divulgation pourrait porter atteinte à l’intérêt de l’institution à demander et à recevoir des avis juridiques francs, objectifs et complets. Elle a également estimé qu’il était raisonnable pour la Commission de conclure qu’il n’existait pas d’intérêt public supérieur justifiant la divulgation de la note.

Le Médiateur a donc clos l’affaire en concluant qu’aucune enquête supplémentaire n’était justifiée. Cela étant, la Médiatrice a regretté qu’une réunion ait été nécessaire pour confirmer que la Commission avait procédé à une évaluation individuelle de la note et pour obtenir des explications sur la manière dont la divulgation de la note porterait concrètement et effectivement atteinte à l’intérêt de l’institution à demander et à recevoir des avis juridiques francs, objectifs et complets.

Décision sur la manière dont la Commission européenne a traité une demande d’accès du public à des documents concernant une lettre adressée par des membres du personnel de l’UE à la présidente de la Commission (affaire 318/2025/TM)

Vendredi | 03 octobre 2025

L’affaire concernait la manière dont la Commission européenne avait traité une demande d’accès du public à une lettre adressée par des membres du personnel de l’UE à la présidente de la Commission concernant sa position sur le conflit israélo-palestinien. L’existence de la lettre avait été rapportée dans les médias en octobre 2023.

En réponse à la demande du plaignant, la Commission a indiqué qu’elle ne détenait aucun document correspondant à la description de la lettre. Le plaignant a demandé à la Commission de revoir sa position (en présentant une demande confirmative). Plus d’un an plus tard, la Commission a confirmé qu’au moment de la demande initiale, elle ne détenait aucun document correspondant à la description de la lettre. Toutefois, la Commission a enregistré de sa propre initiative une nouvelle demande d’accès du public concernant la lettre en question. Insatisfait du traitement de sa demande, le plaignant s'est adressé au Médiateur.

Dans son avis préliminaire sur l’affaire, la Médiatrice a estimé qu’il ne ressortait pas clairement de la décision de la Commission pourquoi elle ne pouvait pas identifier le document demandé. Le Médiateur a également fait observer que, même si la Commission ne détenait pas la lettre demandée, il n’était pas clair pourquoi elle n’en avait pas informé le plaignant dès qu’elle avait reçu la demande confirmative, et en tout état de cause dans les délais applicables. La Médiatrice a estimé, à titre préliminaire, que la manière dont la Commission avait traité la demande confirmative du plaignant constituait un cas de mauvaise administration.

Dans sa réponse à la Médiatrice, la Commission a précisé que la lettre demandée n’avait jamais été reçue par le cabinet du président. Au lieu de cela, la Commission avait reçu la lettre demandée le 23 avril 2024 en annexe à une lettre adressée au commissaire au budget et à l’administration de l’époque. Étant donné que la date butoir pour l’identification des documents est l’enregistrement de la demande initiale, la lettre demandée ne relevait pas du champ d’application temporel de la demande d’accès du plaignant. Par conséquent, la Commission a enregistré une nouvelle demande de sa propre initiative. 

La Médiatrice a relevé plusieurs lacunes dans la manière dont la Commission a traité la demande d’accès. Premièrement, le Médiateur s’inquiétait de la manière dont la Commission avait communiqué avec le plaignant, étant donné que ce dernier n’avait pas reçu, pendant plus d’un an (c’est-à-dire entre sa demande initiale en octobre 2023 et la réponse de la Commission au Médiateur en mars 2025), d’informations claires sur les raisons pour lesquelles la Commission n’avait pas pu identifier le document qu’il avait demandé. Deuxièmement, le Médiateur a relevé que, s’il est constant que la Commission avait connaissance de l’existence du document demandé au moment de l’adoption de sa décision finale, elle n’a pas évalué la lettre en vue de sa divulgation potentielle. Au lieu de cela, elle a enregistré une nouvelle demande relative à la lettre, faisant référence à une date butoir pour l’identification des documents dans son règlement intérieur. Une telle approche formaliste semble difficilement conciliable avec l’esprit de la législation de l’UE sur l’accès du public aux documents, et elle n’est certainement pas adaptée aux citoyens ni axée sur le service. Enfin, la Médiatrice a noté le retard important pris dans la réponse à la demande confirmative du plaignant.

Dans l’ensemble, la Médiatrice estime que la manière dont la Commission a traité la demande d’accès du plaignant constituait un cas de mauvaise administration. Toutefois, étant donné que la Commission a entre-temps adopté une nouvelle décision initiale et a donné pleinement accès à la lettre demandée, le Médiateur ne voit aucune utilité à formuler une recommandation formelle.

Décision relative au refus de la Commission européenne d’accorder au public un accès complet aux documents concernant les activités de l’opération internationale de surveillance en Albanie (affaire 1513/2025/NH)

Mercredi | 06 août 2025

L’affaire concernait une demande d’accès du public à des documents détenus par la Commission européenne concernant des préoccupations relatives à la conduite professionnelle soulevées par des membres de l’opération internationale de surveillance en Albanie. La Commission a identifié un document (une lettre) comme relevant du champ d’application de la demande et lui a accordé un accès partiel. Elle a refusé l’accès à certaines parties de la lettre en raison de la nécessité de protéger la vie privée et l’intérêt public en ce qui concerne les relations internationales de l’Union.

L’équipe d’enquête de la Médiatrice a examiné le document et a confirmé que les parties retenues contenaient des données à caractère personnel et des informations sensibles. La Médiatrice a estimé que les arguments de la Commission justifiant les occultations de données à caractère personnel étaient raisonnables. Elle a également estimé qu’il n’était pas manifestement erroné pour la Commission d’affirmer que la divulgation de certaines parties sensibles de la lettre porterait atteinte aux relations internationales de l’Union avec l’Albanie.

La Médiatrice a donc clôturé l’enquête en concluant à l’absence de mauvaise administration.

Décision sur la manière dont la Commission européenne veille à ce qu’il n’y ait pas de conflits d’intérêts avec des experts externes qui l’aident à évaluer des projets au titre du Fonds européen de la défense (OI/5/2023/KR)

Vendredi | 11 juillet 2025

L’affaire concernait le Fonds européen de la défense, au moyen duquel environ 8 milliards d’EUR seront versés entre 2021 et 2027 pour la recherche et le développement en matière de sécurité et de défense. En particulier, l’enquête a évalué la manière dont la Commission européenne, qui est responsable de la gestion du Fonds, veille à ce qu’il n’y ait pas de conflits d’intérêts avec les experts externes, qui évaluent et effectuent des examens éthiques des propositions, ainsi que des estimations de coûts.

La Médiatrice a constaté que, pour évaluer les risques de conflits d’intérêts (potentiels), la Commission s’appuie largement sur les informations fournies par les experts candidats. Bien que la Commission ait déclaré qu’elle vérifie également les informations accessibles au public afin de déterminer s’il existe des liens entre les tiers qui soumettent des propositions et les experts, elle ne semble le faire que de manière limitée. La Médiatrice a estimé que la Commission ne devrait pas se limiter aux informations fournies par les experts et a encouragé la Commission à faire preuve de diligence dans la recherche proactive d’informations supplémentaires susceptibles d’indiquer des risques de conflit d’intérêts.

L’enquête a également montré qu’il n’y a pas d’examen systématique des intérêts financiers des experts, par exemple des investissements et de la détention d’actions, ainsi que des intérêts familiaux. Étant donné que ces informations sont essentielles pour évaluer les risques de conflits d’intérêts, le Médiateur a suggéré que la Commission demande aux experts candidats de remplir une déclaration d’intérêts détaillée, y compris les catégories d’intérêts personnels qui sont actuellement absentes, tels que les intérêts financiers et familiaux.

La Médiatrice a également constaté que, dans les cas où des conflits d’intérêts potentiels ont été déclarés par des experts, les experts en question ont été récusés au moins des propositions concernées, afin d’atténuer les risques éventuels. Néanmoins, la Médiatrice a relevé certains problèmes liés à la manière dont la Commission a enregistré son évaluation de ces conflits d’intérêts potentiels et a suggéré des améliorations pour y remédier.

La Médiatrice a clôturé l’affaire, considérant qu’aucune autre enquête n’était justifiée. La Médiatrice espère que la Commission tiendra compte des suggestions d’amélioration dans le cadre de l’examen à mi-parcours du Fonds.